| Superficie | 7000m2 |
| Adresse | 34 Rue de Stassart - 1050 Ixelles |
| Capacité | 300 personnes |
| Accès | Metro porte de namur |
| Horaires | Sur rendez-vous |
L’immeuble est édifié en 1874, à la suite du nivellement de la butte de la Porte de Namur intervenu en 1863. Il se situe rue Stassart, voie qui rend hommage à Goswin, baron de Stassart (1780–1854), homme politique belge libéral, haut fonctionnaire, diplomate et poète.
Le bâtiment s’inscrit dans un emplacement central au cœur de Bruxelles, à proximité immédiate de la Porte de Namur (petite ceinture) et à environ 150 mètres de la Chaussée d’Ixelles, deuxième axe commercial le plus important de la capitale. Cette dernière a récemment fait l’objet d’un réaménagement partiel en zone piétonne. Le quartier présente une vocation mixte, combinant activités commerciales et fonctions résidentielles.
À l’origine, l’immeuble accueille le siège de l’Union coloniale belge, dont subsistent encore aujourd’hui certains éléments architecturaux. C’est également en ces lieux qu’était éditée la revue L’Illustration congolaise. Entre 1923 et 1930, le bâtiment devient la Maison de la Radio, institution considérée comme l’ancêtre de la RTB. En 1986, il est affecté au Conservatoire royal de Musique de Bruxelles, section « Théâtre et Arts de la Parole », fonction qu’il conserve jusqu’en 2020.
Après une occupation temporaire par l’association Young European Artists, l’ensemble est repris par le groupe Limited Edition Hotels, qui y développe un nouveau projet hôtelier intitulé « Shaker ». Le concept repose sur un hôtel à forte identité culturelle, proposant des chambres conçues sous forme d’alcôves et une programmation artistique soutenue, destinée principalement à un public jeune. L’ouverture est projetée à l’horizon 2025, avec l’ambition d’offrir concerts et spectacles quotidiens, accessibles tant aux clients de l’hôtel qu’aux habitants du quartier.
L’ancêtre de la RTBF – Rue Stassart
C’est depuis ce bâtiment que, le 1er novembre 1926, Théo Fleischman réalise ce qui est considéré comme le premier journal parlé au monde.
Il faut attendre l’après-guerre et l’année 1923 pour que l’État belge autorise officiellement la création de la première station nationale de radiodiffusion. Baptisée Radio-Bruxelles, celle-ci s’installe au 34, rue Stassart. Dès 1924, Radio-Bruxelles devient Radio-Belgique et adopte volontairement une ligne éditoriale fondée sur la neutralité et la courtoisie.
Théo Fleischman y développe une formule innovante, résumée par le slogan : « Toutes les nouvelles du monde et de la journée en trente minutes ». Il définit lui-même les principes du journal parlé : des informations rédigées de manière volontairement concise, dans un style clair, direct et adapté à la lecture à voix haute. Le contrôle strict des sources, l’interdiction de diffuser des textes non préparés à l’avance et l’obligation de conserver les justificatifs de chaque émission garantissent un haut niveau de rigueur journalistique. Cette approche novatrice acquiert rapidement une reconnaissance internationale, attirant des observateurs étrangers venus étudier le fonctionnement du journal parlé de Radio-Belgique.
Occupation par le Conservatoire royal de Musique
Le bâtiment est ensuite occupé par la section « Théâtre et Arts de la Parole » du Conservatoire royal de Musique. L’entrée principale se faisait par le 34, rue Stassart, donnant accès au bâtiment principal ainsi qu’à la salle de spectacle, utilisée pour les représentations des élèves et d’artistes invités.
Les espaces se déployaient sur quatre niveaux, principalement consacrés aux salles de cours et de répétition. La salle dite « berlinoise » était spécifiquement affectée aux répétitions des cours de théâtre. Au cinquième étage, surplombant la salle de spectacle, se trouvait un espace utilisé comme dépôt d’archives pour la Communauté française. L’ancienne maison d’habitation située côté rue du Berger demeurait quant à elle inoccupée.
Un premier projet envisageait la démolition des deux bâtiments centraux, incluant la salle berlinoise et la salle de spectacle, cette dernière devant être démontée et reconvertie en restaurant. La Commune ainsi que la Direction du Patrimoine culturel d’Urban ont toutefois exigé la conservation de ces éléments. Avant le lancement des travaux liés au projet Shaker, Young European Artists y a développé un programme de résidence artistique et un lieu de rencontres culturelles.