| Date | 26 septembre au 07 octobre |
| Adresse | Rue de Stassart 34, 1050 Ixelles, Bruxelles |
| Contact | info@youngeuropeanartists.com |
Young European Artists a présenté l’exposition « L’ultime chant des titans » de l’artiste franco-belge Pierre Demin.
À travers une frise monumentale réalisée au charbon, l’artiste plonge le public dans un univers apocalyptique où la nature apparaît comme un vestige carbonisé. Forêts fantomatiques, arbres à moitié calcinés et branches déformées composent un paysage marqué par le chaos et l’effondrement écologique. Ces dessins en noir et blanc évoquent des références artistiques telles qu’Anselm Kiefer ou Zdzisław Beksiński, dont les œuvres explorent la mémoire et la destruction à travers des paysages dévastés.
Le travail de Pierre Demin, d’une grande précision graphique, rappelle également la sensibilité romantique de Caspar David Friedrich ainsi que l’intensité troublante des gravures de Francisco Goya. En utilisant le charbon pour représenter ces arbres morts, l’artiste accentue la fragilité de notre environnement face à la violence humaine. Son œuvre met en lumière la tension entre la souffrance et la résilience de la nature, figurée par des écorces brisées et des formes organiques qui émergent d’un sol calciné.
À travers cette frise, Pierre Demin interroge l’empreinte de l’homme sur la planète et les forces incontrôlées du chaos. Les références historiques et mythologiques, omniprésentes dans son travail, rappellent les légendes des Titans, symboles de puissance brute et de rébellion. L’artiste recrée ainsi un champ de bataille imaginaire où la nature se confronte aux éléments primordiaux, devenant le reflet des conflits internes de l’humanité.
Le titre de l’exposition, « L’ultime chant des titans », évoque à la fois la fin d’une ère et le destin tragique des forces incontrôlables de la nature, tout en faisant écho aux crises écologiques et sociétales actuelles. Cette réflexion renvoie notamment à l’univers de Hayao Miyazaki dans Princesse Mononoke, où la relation entre l’homme et la nature oscille entre attraction et confrontation.
Depuis son enfance, Pierre Demin explore la fascination pour les figures monstrueuses, incarnations des peurs profondes et universelles. Dans cette exposition, la monstruosité prend la forme d’une nature dévastée et carbonisée, remplaçant les créatures hybrides par un paysage devenu lui-même inquiétant.
Avec « L’ultime chant des titans », Pierre Demin propose une œuvre à la fois poétique et engagée, invitant à réfléchir sur notre relation à la nature et sur notre propre quête de sens dans un monde marqué par la destruction. L’exposition se présente comme une dénonciation des excès de l’humanité, mais aussi comme un hommage aux forces éternelles qui régissent notre planète